05 novembre 2007

Pulling your insides out

La vie me fait vraiment marrer. La tournure que prennent les choses. Les gens qui s’en vont, qui reviennent. Jamais dans le même ordre et surtout, jamais dans l’ordre qu’on voudrait. Au bout du compte on s’habitue. On finit par accepter qu’on a de l’influence sur un presque rien qu’on ne choisit même pas. La vie nous coule dessus et ne nous demande rien. Et ça n’est pas si grave, finalement, c’est effrayant, ça peut nous empêcher de dormir, mais si on se laisse faire, si on accepte que le changement peut nous tomber sur la gueule à n’importe quel moment, on finit par en sourire.

J’connais ce type qui passe à côté de lui même à avoir trop peur de ce qui change. Il passe à côté de ceux qui veulent le rendre heureux. Des liens qu’on essaye de nouer avec lui. J’ai pas envie de finir comme ça. Shouté en plein vol par un amour qui l’a quitté, avec la peur terrible de se remettre à voler avec quelqu’un d’autre.

Samedi soir, il y a eu l’anniversaire de ma Fouine. 20 ans, et 12 que je la connais. On ne ressemble plus du tout aux deux gamines de 8 ans qu’on était, on a même plus vraiment de points communs, mais c’est Fouine et je serais toujours là pour elle. Même quitte à mourir d’ennuie  parmi ses potes qui me ressemblent si peu. Même qu’il y avait mon premier amoureux, pas vu depuis 7 ans. Putain, 7 ans déjà. Il a changé.

À 22h, Fred est passé me chercher et on est allé chez Kournikova pour la petite fête surprise pour Mélie. Même qu’elle ne s’y attendait pas du tout, et que ça lui a collé un sacré sourire de nous voir là. Soirée moules-frites. C’est que Kournikova fait rarement les choses à moitié ! Après avoir trinqué et bien menti à Emma (à propos de la petite surprise que Lio lui préparait) (et même Emma, que j’ai bien galérer pour organiser tout ça avec ton homme, alors t’as intérêt à avoir passé une bonne soirée !) On est toutes allées au Sand.

Là bas il y avait mon dreadeux d’il y a trois semaines. Avec son regard doux et ses mains dans les poches. J’ai saoulé Emma pendant au moins 10 minutes à répéter sans m’arrêter « Je vais l’épouser mais il ne le sait pas encore ». Dakota, assis juste à coté, halluciner totalement de ma niaiserie. Faut dire que je la cache bien la plus part du temps (si,si, j’vous jure), elle me fait un peu honte. Au final, si je me suis arrêtée de vanter les mérites de sa beauté sublime, c’est surtout parce que je l’ai vu embrassé la rousse à côté de lui et que quand même, ça compromet un peu mes envies de mariage ! Mais il m’a jeté quelques regards, et il ne m’en faut pas plus pour espérer durant une vie entière !

L’alcool monte. Je croise Nala aux toilettes (comme c’est glamour !). On se regarde. Elle me dit « Salut Ryne » et me colle une bise sur les deux joues. Je lui dis que c’est bizarre, cette façon de ne faire la bise qu’une fois sur deux. Elle me dit qu’elle voudrait qu’on discute. Elle m’emmène un peu plus loin, une table rien que pour nous. Kournikova hallucine totalement de nous voir l’une à côté de l’autre, il faut dire qu’avec le temps, c’était devenu le genre d’apparition qu’on attend pas même dans les films. Ca serait un peu comme voir Martin Luter King en train de boire une bière avec Hitler. Elle me demande si elle peut commencer. J’accepte.

Elle me dit qu’elle pense à venir me parler depuis un moment déjà, mais qu’elle a jamais vraiment osé. Juste comme moi. Elle me dit que c’était vraiment pas honnête de sa part de me faire passer pour le monstre de l’histoire avec Costa, alors qu’elle ne lui en a pas voulu à lui. Elle avoue que c’était juste plus facile, elle n’avait rien à perdre en me perdant moi, par contre avec lui... Elle précise bien que ce n’est pas des excuses, qu’elle estime qu’on a toutes les deux nos tords. Elle m’explique juste comment elle voyait les choses, et comment elle les voit aujourd’hui. Il n’y a eu que deux semaines entre sa rupture d’avec Costa et le début de mon histoire avec lui. Je ne me souvenais même pas que ça avait été si court. Elle m’a raconté qu’elle est passé par l’enfer quand on était ensemble, qu’elle évité le Sand pour ne pas me voir. Elle ne supportait pas de l’entendre parler de moi. Et de l’entendre me dire « Ah pour ça, j’en ai entendu parler de Ryne à cette époque, t’inquiète pas ! » ça m’a vraiment remué le ventre. Moi qui pensait qu’il ne parlait de moi à personne. Alors j’ai quand même existé, rien qu’un peu, finalement. Et puis si mon ventre était dans cet état, c’est aussi parce que je me suis rendue compte de toute ce mal que je lui ai fait, consciemment ou non. J’ai fait souffrir cette fille. Pas toute seule, c’est vrai, mais si j’avais décidé de ne pas approcher Costa, elle aurait eu bien moins mal. Je crois que je le savais déjà, mais je préférais me voiler la face et ne pas assumer. Elle m’a dit ne plus avoir de haine contre moi, elle voudrait qu’on se tolère. Elle sait bien qu’on ne sera sans doute jamais amies, mais elle ne veut plus qu’on ai à s’éviter. Et puis elle s’est confié un peu. Elle se sent enfin libérer de cette histoire avec Costa, l’ambiguité n’existe plus pour elle et ça lui fait du bien. A parement c’est grâce à un autre que lui. Elle me dit que si elle apprenait demain que je ressortais avec lui ça ne lui ferrait rien. Je lui dis que ça n’arrivera plus. J’espère que je dis vrai.

Ca m’a fait un bien fou de mettre les choses à plat avec elle. Et c’était vraiment impressionnant d’entendre de sa bouche tout ce que moi je voulais lui faire comprendre dans mes longs monologues intérieurs où j’imaginais cette conversation. Dans le fond, on a un sacré nombre de point commun. On a partagé le même homme. Le même amour. La même haine. On est un peu comme Claudine et Pauline dans Les jolies choses. On s’est détestée, mais au final on est les mêmes. C’est moi que je détestais à travers elle, et inversement.

On est retourné voir nos potes respectifs. Les filles m’ont toutes harcelé une par une pour savoir ce qui s’était dit. J’ai résumé, le sourire aux lèvres. Contente.

J’ai décidé d’être gentille avec Costa, ce soir là. Ca me paraissait juste logique, après cette conversation, de régler mes comptes avec tous les gens pour qui j’avais des ressentiments. On fait table rase et on verra bien. Je lui ai dit que s’il voulait un dvd, n’importe lequel, suffisait qu’il le demande. Il veut que je refasse son atebas, il m’a montré sa nouvelle, faite par une non-professionnelle et qui est moche !! (c’est les miennes les plus belles d’abord). En partant je l’ai engueulé pour qu’il me dise au revoir pour me rendre compte ensuite, alors qu’il n’avait touché qu’une seule de mes joues, que je n’arrive pas à lui faire la bise. C’est un rituel qui me file la nausée, quand c’est lui que ça concerne. Du coup, je l’ai repoussé et il a du me prendre pour une indécise à tendance parano psychopathe quand je lui ai expliqué pourquoi. Faut dire j’ai l’habitude de passer pour une cinglé. Et j’ai encore plus l’habitude de le saouler. Mais je n’y arrive vraiment pas. Quand je lui fais la bise, j’ai mal à l’estomac.

Dans l’euphorie du moment, sur le parking avant qu’il sorte, j’ai écrit « Costa » en jolies lettres sur la buée de son carreau. En m’en souvenant le lendemain matin, j’ai prié les Dieux en qui je ne crois pas qu’il n’ai pas eu la curiosité bizarre de taper ce mot sur Google. Il sait que c’est moi qui l’ai écrit. La deuxième fois où on s’est vu, je lui ai dit qu’il ressemblait à Costa de Hartley cœur à vif. Ca l’a marqué tellement il n’a pas compris le rapport. S’il venait à tomber ici, je préférais qu’il ne me dise rien. Et puis ça serait assez drôle, qu’il découvre tous mes mots pile au moment où je l’oublie vraiment. Ca n’aurait pas de sens. Mais il n’a jamais été curieux me concernant, alors je crois que je peux dormir tranquille.

Posté par _glacon_ à 14:39 - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur Pulling your insides out

    Je suis contente pour Nala. C'est un grand pas en avant. Il y a beaucoup de choses qui vous rapprochent toutes les deux, et peut-être qu'à cause de ces choses là, vous êtes aptes à vous comprendre tout particulièrement. Mais bon, j'anticipe.

    Sinon j'aime beaucoup le titre de ton article d'avant, et je me demandais si ça venait de quelque part.

    J'aurais besoin de tes conseils sur quelques unes de mes chansons. Rendez vous sur msn....

    Bisous!

    Posté par Dine, 05 novembre 2007 à 16:28 | | Répondre
  • J'me suis bien amusée samedi, même si j'avais froid aux pieds (à faire sa bonnasse, y'a des inconvénients)
    Je suis contente aussi pour Nala, on en parle demain !

    Posté par Aphone, 05 novembre 2007 à 22:50 | | Répondre
  • Mes commentaires sont nuls.

    C'est vraiment bien la conversation que vous avez eu avec Nala. Ca a été constructif. Elle a été courageuse quelque part de te dire ce qu'elle avait sur le coeur.
    et merci pour le commentaire sur mon blog, c'était vraiment gentil.
    A sur msn un de ces 4,

    Posté par annah, 06 novembre 2007 à 06:01 | | Répondre
  • C'est vraiment bien pour Nala...
    Et pour les jolies choses, qu'est-ce que j'ai aimé ce film! Mais je n'ai pas le souvenir de ses prénoms!
    Et Hartley... hummm

    Posté par passionnée, 06 novembre 2007 à 21:38 | | Répondre
  • aphone: Je suis trop amoureuse de tes jambes! Je veux les mêmes pour Noel.
    annah: ui, construcitf c'est le mot et puis ça m'eneleve uns sacré poids des epaules. c'est vraiment sympa de ne pas avoir a detester quelqu'un
    passionnée: Ce sont les prénoms du livres (dans le film c'est Lucie et Maris. Ben oui, Claudine c'est pas très classe comme prénom!)

    Posté par glacon, 07 novembre 2007 à 09:09 | | Répondre
  • Ca me fait rire pour Costa parce que pendant longtemps je me suis dis que c'etait tiré de Hartley puis je me suis dis que non et en fait si, parfois j'aimerai trop connaitre l'origine des surnoms de ton blog ça doit être drole..
    C'est courageux ce que Nala a fait je trouve..
    Bref, toujours un plaisir de te lire.

    Posté par Lily, 07 novembre 2007 à 20:18 | | Répondre
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